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La parole à Jerome Powell et ses collègues

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François Christen

Chief Economist

Le FOMC pourrait chercher à contrer les espoirs de «pivot» qui alimentent le rebond des actifs risqués.

Article original publié sur agefi.com

L’enthousiasme suscité par le dernier discours de Jerome Powell a fait place à l’attente anxieuse des annonces de la Réserve fédérale et des banques centrales européennes (BCE, BoE et BNS). Le suspense n’est pas bien grand en ce qui concerne la décision d’un FOMC dont les membres ont clairement signalé leur volonté de réduire la cadence du cycle archi-agressif conduit entre juin et novembre. Le relèvement du taux des Fed Funds d’un demi pourcent, vers une marge comprise entre 4,25% à 4,5%, semble acquis. Les termes de communiqué et la mise à jour des prévisions des différents membres du FOMC permettront toutefois de mieux cerner le plan de route pour 2023.

Les signaux émis depuis quelques semaines laissaient entrevoir un taux d’intérêt terminal plus élevé que le niveau de 4,6% esquissé en septembre et une volonté de ne pas renverser prématurément la vapeur pour assurer le rétablissement de la stabilité des prix, même si cet objectif implique des sacrifices et ajustements douloureux pour les ménages et les entreprises. En d’autres termes, la Fed semble prête à tolérer, voire orchestrer, une augmentation modérée du chômage et une récession légère même si elle entretient l’espoir d’un «atterrissage en douceur».

Ce mardi, le regard des investisseurs était rivé sur des chiffres d’inflation susceptibles de faire quelques vagues à Wall Street et d’influer sur la posture, plus ou moins hostile, de Jerome Powell et de ses collègues. La décrue du renchérissement annuel observée en octobre va probablement se poursuivre, mais il convient d’accorder une attention particulière à la variation de l’indice «sous-jacent», hors énergie et alimentation. Toute augmentation mensuelle supérieure à 0,2% n’est pas conforme aux visées de la Fed, mais une progression modérée aux environs de 0,3% (comme en octobre) constituerait un pas dans la bonne direction. A contrario, une augmentation de 0,4% pourrait inciter la Fed à se montrer plus incisive.

En guise d’apéritif, l’augmentation de 0,4% des prix à la production hors énergie et alimentation en novembre entraîne une progression annuelle de 6,2% problématique, malgré un reflux évident. Le redressement de la confiance des consommateurs (59,1 en première estimation après 56,8 en novembre) et la fermeté des activités de services reflétée par la dernière enquête de l’ISM suggèrent qu’il est très prématuré de spéculer sur un revirement amical de la Réserve fédérale.

En Europe, la Banque Centrale Européenne (BCE) devrait également se contenter d’un relèvement des taux d’intérêt directeurs de 0,5 point de pourcentage – un geste plus agressif n’est toutefois pas complètement exclu –, tout en renouvelant ses avertissements préfigurant un relèvement accru des taux d’intérêt en 2023. La Banque d’Angleterre et la Banque Nationale Suisse (BNS) semblent aussi s’acheminer vers des augmentations des taux d’intérêt de 0,5 point. La banque centrale helvétique, dont le directoire se réunit trimestriellement, peut se permettre d’en faire moins que ses homologues occidentales en raison de la force du franc suisse et du comportement plus sage de l’inflation en Suisse.

Bien préparés à la salve de relèvements de taux d’intérêt attendue ces prochains jours, les marchés obligataires paraissent assez sereins. Le rendement du T-Note US à 10 ans s’est légèrement redressé, après s’être brièvement replié en dessous de 3,5%. En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans reste inférieur à 2%. En Europe comme aux Etats-Unis, les banques centrales exercent une influence limitée sur les rendements à long terme qui pourraient encore baisser, notamment si les banques centrales réaffirment leur détermination d’endiguer l’inflation sans le moindre égard pour la récession qui s’annonce.

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