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Une alternative aux structures optionnelles coûteuses

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Alexandre Kuhn

Head of Asset Management

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Philippe Cini

Head of Market Risk Management

Quelle est la meilleure solution pour appréhender un marché imprévisible? Les réponses d’Alexandre Kuhn et de Philippe Cini de ONE swiss bank.

Interview publiée sur Allnews.ch

La volatilité est peut-être partie pour s’installer durablement. Déstabilisés par les tensions géopolitiques, les marchés évoluent de façon erratique. Selon le responsable de l’Asset Management Alexandre Kuhn et le responsable de la gestion des risques de marchés Philippe Cini chez ONE swiss bank, la meilleure solution pour appréhender l’imprévisibilité sur les actifs risqués passe par la gestion quantitative. Entretien.

Tous les investisseurs ne sont pas égaux devant les évènements de marchés extrêmes. Quelles sont vos observations?

AK: Les investisseurs institutionnels sont beaucoup mieux armés pour faire face à des conditions de marchés adverses. Même hors des moments de crise, la gestion des risques fait partie intégrante des structures de portefeuilles. A l’inverse, la clientèle privée est très souvent moins bien équipée et se retrouve ainsi désemparée lors d’évènements où les émotions prennent le dessus

Pour un investisseur privé, par où commencer pour faire face à un marché imprévisible?

AK: Le b.a.-ba, c’est la diversification des classes d’actifs au-delà des classes traditionnelles avec l’intégration d’autres classes telles que l’immobilier et les placements alternatifs. La diversification à l’intérieur d’une même classe est tout aussi importante. Par exemple, l’obligataire englobera des bons du Trésor, des titres Investment Grade et du HY voir des Cocos. Enfin, la diversification au sein du véhicule utilisé, par exemple un fonds obligataire reflétant un indice par rapport à des positions obligataires en direct, permet d’éviter en bonne partie des pressions, telles que celles observées ces jours-ci sur les actifs russes.

Selon l’analyse du suivi de performance publié par PPC metrics, pour les Caisses de prévoyance suisses, les résultats depuis le début de l’année au 24 février ne sont pas dramatiques: autour de -5% en moyenne. Quant au MSCI WORLD, il perdait environ 10% à la même date. En revanche, les titres individuels des sociétés russes comme Gazprom ou Rosneft deviennent de plus en plus difficiles à traiter. Les pertes ne se sont pas encore matérialisées à cause de la fermeture de la bourse moscovite, voire de l’absence de marché pour les obligations du même nom, mais elles devraient osciller entre -50 et -70%. Ici, la problématique se situe au niveau du risque idiosyncratique, c’est-à-dire sur un titre en particulier. Nous prônons la gestion via les fonds indiciels qui diluent ces risques et reflètent le marché dans son ensemble.

Pourquoi estimez-vous que la gestion quantitative est la meilleure solution pour limiter la volatilité?

PC: Lorsque l’on parle de gestion quantitative, plusieurs possibilités existent pour gérer les risques.

Un investisseur inquiet peut vendre ses titres, mais il devra renoncer à un gain d’opportunité dans le cas où les marchés se reprennent. Les stratégies optionnelles présentent un désavantage majeur en cas de crise:  le prix des options augmente avec la volatilité et elles deviennent rapidement onéreuses à acquérir voir à renouveler. Travailler avec une structure purement optionnelle coutant très cher, nous avons développé une gestion dynamique de l’exposition basée sur un modèle quantitatif propriétaire que nous pilotons à l’aide d’une combinaison optimale de dérivés, contrats futurs et options traités sur des marchés organisés, ce qui permet d’éviter tout risque de contrepartie et diminue le coût optionnel global.

La gestion quantitative systématique permet de neutraliser l’aspect émotionnel des gestionnaires pour éviter de prendre de mauvaises décisions sur le coup de l’affolement. Cette approche que nous appliquons depuis de nombreuses années nous a permis de traverser les grandes crises de manière relativement sereine. Elle a encore fait ses preuves lors de la crise du Covid en mars 2020. Dans les portefeuilles investis dans les actions américaines par exemple, nous avons réduit la volatilité de notre portefeuille de 40% ainsi que la perte maximale de 1/3 tout en capturant la hausse lors du retournement rapide de marché.

Comment votre système dynamique fonctionne-t-il?

PC: Il s’agit d’une allocation dynamique et avertie entre actifs risqués et non-risqués qui dépend de la direction des marchés. Nous augmentons notre poche de liquidité lors des mouvements baissiers et vice-versa. Nous enveloppons cela de dérivés afin d’avoir la meilleure stratégie possible au meilleur coût.


Quelle proportion de liquidité maintenez-vous actuellement dans vos portefeuilles?


PC:
 Nous détenons une part modeste de 4-5% de liquidités qui tient compte de la problématique des intérêts négatifs. Un évènement comme l’invasion en Ukraine ne va pas nous faire augmenter sensiblement notre allocation de cash, bien qu’elle soit un peu implicite à l’intérieur de la stratégie de couverture définie précédemment.

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