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La Fed surenchérit, Wall Street sombre

François Christen

François Christen

Chief Economist

Les projections de la banque centrale préfigurent des taux d’intérêt plus élevés, pour plus longtemps.

Article original publié sur agefi.com

La douleur évoquée par Jerome Powell dans son discours à Jackson Hole s’est matérialisée pour de nombreux investisseurs qui subissent des pertes sévères après un épisode d’insouciance estivale. La sanction s’est alourdie suite à la réunion du FOMC qui s’est soldée par un troisième relèvement du taux d’intérêt directeur de 0,75 point de pourcentage. Cette décision était largement anticipée, mais les projections dévoilées mercredi passé ont provoqué de vives tensions sur la structure des taux d’intérêt en dollars. Le rendement du T-Note à 10 ans a amplement dépassé le pic atteint en juin pour se rapprocher de 3,8%, tandis que le rendement à 2 ans excède désormais 4,3%. Cette inversion marquée traduit de forts risques de récession.

La projection médiane situe le taux d’intérêt des Fed Funds entre 4,25% et 4,5% en fin d’année, impliquant deux relèvements de grande ampleur (0,75 point début novembre, 0,5 en décembre?), pour une augmentation cumulée de 4,25 points en neuf mois! Le taux d’intérêt directeur projeté à fin 2023 s’établit désormais entre 4,5% et 4,75% – 6 membres du FOMC prévoient un taux culminant à près de 5%, mais aucun au-dessus. Les prévisions d’inflation ont été encore fois révisées à la hausse et l’augmentation de 3,1% de l’indice «core PCE» attendue en 2023 est peu compatible avec un changement de cap de la politique monétaire l’an prochain. En bref, le FOMC laisse entrevoir des taux d’intérêt plus élevés, durant une période plus longue.

La pilule est amère et le remède administré par la Fed doit encore démontrer son efficacité. En d’autres termes, on ne peut pas totalement exclure que le FOMC ne révise à la hausse la posologie de ce traitement de choc contre l’inflation, même si Jerome Powell estime que la Fed en fait «assez». Le pire n’est toutefois jamais certain, et il est permis d’espérer un reflux graduel de l’inflation, notamment si le repli des prix des matières premières se révèle durable. L’espoir d’assister à un atterrissage en douceur (ou à une récession légère) des Etats-Unis et des économies européennes est toutefois fragile, ce qui justifie une réévaluation des primes de risque attachées aux actions et aux obligations d’entreprises n’offrant pas les meilleures garanties.

Compliquer la tâche ardue de la BCE

En Europe, les rendements en euro sont aussi soumis à de fortes tensions qui ont conduit le rendement du Bund allemand à 10 ans aux environs de 2,1% malgré la récession qui se profile de plus en pus clairement à l’horizon, comme en témoigne la dégradation continuelle du climat des affaires en Allemagne. L’issue peu surprenante des élections en Italie a provoqué un léger creusement des «spreads», mais pas de rupture. La mise en œuvre d’un programme populiste et anti-européen pourrait toutefois aggraver la fragmentation du marché des capitaux en euros et compliquer la tâche ardue de la BCE.

La Banque d’Angleterre a relevé son taux d’intérêt de base de 0,5 point de pourcentage, à 2,25%. Le laxisme budgétaire qui résulte du projet dévoilé vendredi devrait inciter la banque centrale à prendre un cap encore plus restrictif. Le budget intègre un plafonnement de la facture énergétique des ménages et des baisses d’impôt généreuses qui conduiront à une explosion du déficit alors que la Banque d’Angleterre s’apprête à vendre des Gilts! Cette conjonction a fait l’effet d’une bombe sur le marché des capitaux en livres sterling où les rendements ont littéralement explosé (pour dépasser 4% à toutes les échéances).

En Suisse, la BNS a relevé son taux d’intérêt directeur de 0,75 point (de -0,25% à 0,5%), mais le communiqué détone au regard des avertissements formulés par la BCE et la Fed. La BNS n’exclut pas que de nouveaux relèvements soient nécessaires pour assurer la stabilité des prix, mais elle n’a émis aucun signal explicite. S’agissant du taux de change, la banque centrale helvétique se dit prête à intervenir… dans les deux sens, sans exprimer le moindre biais. Cette retenue légitime n’a toutefois pas empêché un redressement de la courbe des rendements en francs sous l’influence des développements extérieurs.

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