Vai al contenuto

Le risque systémique fait un retour fracassant

Picture of François Christen

François Christen

Chief Economist

La vigueur du marché du travail américain apporte de la crédibilité à la posture austère de Jerome Powell.

Article original publié sur agefi.com

La chute de Credit Suisse, absorbé dans l’urgence par UBS sous la pression des autorités helvétiques, marque une escalade dans les tensions qui agitent le système financier occidental. Certes, la Silicon Valley Bank (SVB) et Credit Suisse constituent, chacun à leur manière, des cas particuliers qui ne doivent pas être extrapolés à l’ensemble de l’industrie, mais la contagion systémique observée depuis quelques jours place les banques centrales et les investisseurs dans une position inconfortable.

Malgré l’intervention rapide de la Réserve fédérale (Fed) et de l’administration américaine, la crise de confiance à l’égard des banques régionales aux Etats-Unis s’est aggravée en rattrapant d’autres institutions de taille moyenne, telle que la First Republic Bank, fragilisée par le redressement rapide des taux d’intérêt. Dans le sillage de la Fed qui a créé un nouvel outil pour garantir l’accès à la liquidité, l’intervention concertée de plusieurs grandes banques aux Etats-Unis n’a pas permis de restaurer la confiance.

Un incendie pas complètement éteint

La contagion vers l’Europe s’est naturellement répercutée sur les maillons faibles au rang desquels Credit Suisse occupe une place de choix après des années d’errance dans la gestion des risques. Le communiqué tardif de la Finma et de la Banque nationale suisse (BNS) n’a pas permis de rétablir la confiance, ce qui a contraint le gouvernement à arranger dans l’urgence la fusion des deux géants bancaires helvétiques. Au moment où ces lignes sont rédigées, l’intervention de la Suisse et l’annonce concertée des banques centrales (Fed, Banque centrale européenne, Banque du Japon, Banque d’Angleterre, Banque de Chine et BNS) pour approvisionner le système financier en dollars US semblent avoir porté leurs fruits. L’incendie semble sous contrôle, mais pas complètement éteint.

L’escalade des tensions dans le secteur bancaire s’est lourdement répercutée sur les marchés obligataires où l’on observe un reflux substantiel des rendements des emprunts offrant les meilleures garanties et une augmentation des primes de risque. Aux Etats-Unis, le rendement du T-Note à 10 ans est tombé en dessous de 3,5%, effaçant la correction survenue en février. Celui du T-Note à 2 ans, qui a brièvement dépassé 5%, est désormais inférieur à 4% après une chute vertigineuse de 100 points de base en moins de quinze jours! Ces variations extrêmes traduisent un fort appétit pour la sécurité et une révision drastique de la trajectoire des taux d’intérêt monétaires.

Deux fronts pour la Fed

Dans ce contexte tourmenté, la Fed livre désormais un combat sur deux fronts: l’inflation et l’instabilité financière. A l’instar de la Banque d’Angleterre l’automne passé, le FOMC pourrait maintenir ce mercredi un cap restrictif tout en prenant des mesures ciblées pour préserver la stabilité d’un système financier où les primes de risque ont fortement augmenté. Cependant, les difficultés de banques américaines et le tour de vis réglementaire qui se profile à l’horizon sont de nature à refroidir l’activité, ce qui devrait inciter la Fed à faire preuve de retenue même si l’inflation reste problématique.

En Europe, la Banque centrale (BCE) a relevé ses taux d’intérêt directeurs de 0,5 point de pourcentage, comme elle l’avait annoncé et malgré les turbulences frappant les banques occidentales. Le Conseil des gouverneurs a agi durant une brève période d’accalmie et son communiqué souligne l’importance de calibrer la politique au gré des circonstances (données économiques et financières, «force de la transmission»), ce qui suggère que la BCE pourrait interrompre le cycle de resserrement si l’instabilité du système financier perdure. La BNS pourrait se rallier à cette approche duale, en relevant jeudi son taux d’intérêt directeur de 0,5 point après avoir accordé une ligne de crédit de 100 milliards de francs à UBS pour faciliter l’absorption de Credit Suisse.

Macro

Political risk grows in the West

In the USA as in France, a hung parliament should not upset investors too much.
Per saperne di più →
Corporate Social Responsibility

Sustainability: a nightmare for SMEs?

Sustainability has become a major issue for companies of all sizes. In Switzerland, where SMEs account for 99.7% of the economy, the question is how ...
Per saperne di più →
Macro

When data outweighs central bankers

Falling inflation in the USA leads to a sharp drop in yields on Western markets.
Per saperne di più →
Macro

A small move before the summer break

Recent economic data do not support an aggressive cut in ECB-controlled interest rates.
Per saperne di più →
Macro

The calm before a potential storm

April's US inflation figures, which were worryingly sticky in the first quarter, are particularly important.
Per saperne di più →
Macro

Should we celebrate bad news?

Wall Street and the bond market welcome the emergence of many signs of cooling.
Per saperne di più →
Macro

The prospect of higher rates forever

Government bond yields stabilise, but a major monetary policy reversal remains unlikely.
Per saperne di più →
Corporate Social Responsibility

2023 SUSTAINABILITY REPORT

After our recent delisting, we remain sincerely committed to transparency and to continuing our efforts to progress on environmental, social and governance (ESG) matters.
Per saperne di più →
Macro

Powell capitulates under the weight of evidence

Persistent inflationary pressures call for patience from the Fed, but a rate hike remains unlikely.
Per saperne di più →
Macro

After three misses, the Fed has a problem

Evidence of persistent inflationary pressures in the US is pushing government bond yields higher.
Per saperne di più →